J'ai toujours eu un faible pour les manuels de savoir-vivre... Souvenir d'un exemplaire aux illustrations rondes qui traînait à la maison, petite, que j'ai beaucoup contemplé. J'aime ces codes, ces bienséances affichées, fais-pas-ci, fais-pas-çà, et tout ce qu'on imagine de vieilles rombières, de bourgeois offensés, de coups d'oeil désapprobateurs, de petits scandales éphémères. J'aime par dessus tout les manuels anciens, leur charme suranné et leur absence d'actualité. J'aime que ces usages soient périmés, comme si on était un peu plus léger, plus libre de ces entraves oubliées. Juste un peu...

J'en ai un qui date de 1931, tellement jaune et décati que toute photo serait une offense. il s'intitule Le nouveau savoir-vivre : pour balayer les vieux usages. Je ne résiste pas au plaisir de vous transcrire le chapitre "A cheval"...  parmi une longue liste : cartes de voeux, téléphone, TSF, bijoux, fiançailles, étrennes... tous aussi gratinés les uns que les autres !

A cheval. Pour monter à cheval, évitez une mise trop solennelle, telle que des bottes vernies, un chapeau haut de forme, des gants blancs. Habillez-vous en costume du matin, fait d'une étoffe rayée ou quadrillée. Mais ne manquez pas d'avoir des bottes jaunes, lesquelles amincissent la jambe. Vous connaissez le mot si juste de Marcel Boulanger : "On ne met point des bottes pour monter à cheval, mais au contraire on monte à cheval afin de mettre des bottes !"