Du dernier roman de Véronique Ovaldé, Et mon coeur transparent, aux éditions de l'Olivier, j'ai envie de retenir ça :

"[...]les immeubles s'espacent, de minuscules jardins apparaissent avec leurs baraques en tôle, des cabanes où entreposer les fourches, les pesticides et les râteaux, des cabanes où placer une chaise quand d'aventure il se met à pleuvoir, on peut s'asseoir là, près de la porte en général cadenassée, la porte cadenassée de la maison en tôle, il suffit du souffle d'un loup, un petit loup suffit, pour la faire voler en éclats, on s'assoit donc là devant la porte, abrité certes, et si agréablement pénétré de l'odeur de la terre quand la pluie la trempe [...]"

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Un roman fidèle à son auteur, c'est-à-dire étrange à souhait, toujours un peu aux frontières du fantastique et du merveilleux, avec un héros distant qui a des allures d'ectoplasme sans volonté mais qui plaque tout pour vivre le grand amour avec Irina, femme sensuelle et imprévisible. Mais la belle n'est pas ce qu'elle semble être, chose qu'il va découvrir lorsqu'elle meurt noyée, dans une rivière où elle ne devrait pas être, au volant d'une voiture qui n'est pas la sienne, le coffre rempli d'objets très inhabituels... Un peu difficile de suivre ce héros au début car il est passablement agaçant, mais finalement on a très envie de savoir qui était vraiment cette Irina et on n'est pas déçu. L'écriture est toujours intéressante, bien qu'elle décortique moins que dans ses précédents romans les petits détails, les petits riens, les manifestations des cinq sens. Un auteur pas banal, qui creuse son ornière sans dévier... et j'aime ça ! Clarabel en avait parlé ...