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Avoir un peu de mal à quitter les couettes douillettes. Plus encore à trouver un taxi sous la pluie. Débarquer à proximité de la place du Peuple, galérer pour trouver la bonne passerelle, le bon souterrain pour traverser. Se joindre aux badauds qui regardent la retransmission de la célébration du 60e anniversaire de la République Populaire de Chine. Ecouter cet homme qui me dit qu'il est fier, fier de son peuple qui a beaucoup souffert. Se réfugier dans le musée du Développement urbain de la ville. Découvrir hébétés les projets d'extension et d'aménagement d'une cité déjà gigantesque. Se sentir minuscules devant les réalisations pharaoniques en vue de l'Expo de Shanghai 2010, ou d'un port en haute mer, poldérisations d'îles dans la baie de Hangzhou, 30 km de pont, pour le 2e port le plus étendu au monde. Pouvoir presque palper cette envie d'en découdre, d'être sur le devant de la scène mondiale. Admirer longtemps cette maquette époustouflante, essayer de s'y repérer, en dehors du Bund et du quartier de Pudong. Terminer par une expo d'affiches de propagande communiste, regarder un peu vers le passé, quand même. Retrouver, dehors, la pluie et les bataillons de parapluies. Marcher sans savoir trop pourquoi dans Nanjing Road. Regretter de ne pas avoir potassé un peu l'architecture des années 20 et 30, ça aurait pu être utile. Adopter sans s'en rendre compte le geste d'ici pour héler des taxis déjà tous pleins. Rentrer enfin, prendre un bain chaud... et retrouver le sourire. Demain il devrait faire beau...