Les fines bouches ont raison : c'est vrai c'est du N&B, ça dure plus de 3 heures, et ça a plus de 50 ans ! Bon. ET ALORS ? Les sept samouraïs est un vrai bonheur, et un chef-d'oeuvre toujours d'actualité...

Dans le Japon du XVIe siècle, des bandits rançonnent périodiquement les villages de paysans. Ceux-ci, desespérés de devoir céder régulièrement leurs récoltes, leurs femmes, et voir détruire leurs maisons, finissent par se rendre à l'avis de l'Ancien : ils décident d'embaucher des samouraïs pour les défendre. Mais comment trouver 7 samouraïs compétents, le minimum pour mettre leur village hors de danger, quand on n'a que quelques bols de riz à leur offrir en échange.

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Les sept samouraïs, Akira Kurosawa, 1954

Le film se déroule en trois parties, le recrutement des samouraïs, la mise en défense du village, et l'attaque des bandits. La narration prend effectivement tout son temps, belle occasion de donner toute leur force au talent des acteurs, vraiment vraiment excellents, avec une mention spéciale pour Kembei, le chef des samouraïs, et Kikuchuyo, le fils de paysan improvisé samouraï.

J'ai tout aimé ou presque dans ce film : les costumes sont sobres et beaux, les décors sont fouillés et regorgent de détails sur la vie quotidienne des paysans, la stratégie pour mettre en défense le village et les scènes de combat sont passionnantes (pour autant qu'une fille comme moi puisse en juger ;-)

Et si l'outrance du jeu parfois m'a un peu fait tiquer, en particulier les pleurnicheries appuyées des paysans (sans parler des grotesques faux crânes rasés, la bonne blague !), c'est fascinant de voir à quel point, malgré ses petits défauts, on se laisse embarquer dans ce récit. Sûrement est-ce la noblesse des thèmes abordés qui accrochent le spectateur : la détresse des paysans, leur impuissance de petits face aux bandits,  le dévouement, le désintéressement des samouraïs, l'honneur, la résistance. Et puis si les sept guerriers tiennent la vedette, les personnages secondaires ont parfois eux aussi une histoire tragique, ou une histoire d'amour, qui donne plus de corps encore à ce tableau. Bref, un classique à voir absolument.