Montages2

Quitter la capitale dans un bus aux rideaux festonnés et aux appuie-têtes en dentelle. Ou plutôt essayer, car l'urbanisation est rampante, jusqu'à Keelung, jusqu'à la mer. Savourer enfin les routes en lacets et les vues sur l'océan avant d'atteindre Yehliu. Traverser le port. Arriver sur la lune. Ok... disons, juste parmi les formations rocheuses sculptées par la mer et la force de la mousson ! Photographier ces rochers-champignons, -gingembre, -chandelles, -tofu, et faire la chasse aux délicats fossiles d'oursins. Tendre tous ses pores vers le soleil et la chaleur revenus, profiter de cette belle lumière. Ne pas apercevoir les gobe-mouches du paradis, ni les autres oiseaux sensés habités la zone en saison, se contenter d'un crabe et d'un lézard. Faire une halte dans ce splendide temple récemment restauré, détailler les bas-reliefs de pierre, et s'extasier surtout devant les plafonds à caissons, aux innombrables clés pendantes, superbement ouvragées. Ne pas réussir à dire si elles sont plus belles, dorées, peintes, ou encore en bois brut. Jeter un dernier coup d'oeil sur les lignes de crêtes de la montagne. Apprécier cette chouette perspective atmosphérique, digne des grands maîtres italiens. Retourner à la ville. Improviser un détour par une librairie, chercher des pistes bleu-blanc-rouge et trouver un Guillaume Musso, une bio de Chanel et une anthologie du cinéma français en noir et blanc. Marcher sur les nuages en haut de la tour Taïpei 101, il y a peu encore la plus haute du monde avec ses 508m. Se réjouir à l'idée de découvrir demain la plus belle collection d'art chinois au monde. S'endormir sans problème !