2013_Octobre_Puget_sur_Argens1

Se réveiller sous une pluie battante. Bon. S'en tenir à notre programme, un peu par fatalisme, un peu parce que la semaine ne sera pas extensible. Faire cap vers l'arrière-pays, à travers les vignes. Des hectolitres de Rosé de Provence ! On sent ici que les couleurs de l'automne aimeraient se faire une place, mais en dehors des ceps, tout est encore bien vert. Atteindre Cotignac, qui nous a été recommandé. Flâner parmi les petites brocantes et les étals du "marché provençal". Les rangs sont clairsemés à cette saison, et hormis quelques châtaignes et deux-trois charcuteries corses, pas de quoi effaroucher un Nordiste. La place est belle pourtant, une jolie fontaine, de majestueux platanes et des balcons ouvragés. Presque une image d'Epinal. Ca doit être très agréable, l'été. Et puis le village a de beaux restes, avec des petits détails architecturaux sympas et ces falaises qui la surplombent. Mais en raison de la pluie, les raidillons sont fermés. Pique-niquer les pieds trempés sous les hayons des voitures. Rejoindre une des motivations de cette échappée sudiste, l'abbaye du Thoronet. Patienter jusqu'au départ de la visite guidée parmi les tables bien fournies de la librairie. Mesurer le retard accumulé en matière de romans et de BD historiques. Noter quelques titres en espérant les retrouver à la médiathèque ensuite. C'est grave, docteur ?? Suivre la guide, l'entendre assassiner des parents dont la petiote gazouille un peu fort dans sa poussette. Prier pour que Simon dorme encore un moment dans la sienne ! Se sentir un peu otage de son discours certes érudit mais sans grand lien avec l'architecture du site lui-même. Restr sur notre faim, et essayer de ne pas se sentir agacés. Se concentrer sur les voûtes en plein cintre et les chapiteaux épurés. Sentir l'air vibrer littéralement sous le chant d'un Kyrie Eleison dans l'abbatiale. Vraiment troublant.