Berz_

Retourner du côté du Val lamartinien où la concentration en vieilles pierres est décidément alléchante. S'amuser de le voir ralentir devant chaque maison à vendre. Aborder les pentes de Berzé-la-Ville avec une gourmandise intacte de ces paysages vallonnés. Visiter la Chapelle aux Moines, à Berzé-la-Ville, qui appartenait à l'abbé de Cluny, et qui aurait été décorée au XIIe par les mêmes fresquistes que pour l'abbaye-mère. Donner pour mission aux filles de choisir un personnage parmi les saints, et de le dessiner sur leur carnet. Gagner avce cette ruse une paix royale et le temps suffisant pour observer les décors. Etre agréablement surprise de leur croquis, soigné et fidèle. Abandonner l'idée de déjeuner dans ce restaurant charmant repéré dans notre guide : il est fermé pour le pont ! En trouver un autre, pas si mal, un peu plus loin où nous régaler d'un tartare de Charolais. Etre d'attaque pour une visite de la forteresse médiévale de Berzé-le-Châtel. Laisser la guide nous demander d'un air rogue si les enfants vont tenir le coup, car "la visite guidée dure une heure, et un château, ce n'est pas un parc d'attraction !". Lui pardonner (un tout petit peu) car son discours tient la route, mais pas complètement car tout est vu au pas de charge... Les jardins, pourtant, sont splendides, et les vastes gloriettes sous les glycines appellent à la contemplation ! Reprendre le chemin du gîte avec le projet de rentrer tôt pour préparer le retour... C'est sans compter sur les nombreuses églises romanes qui nous font de l'oeil à chaque intersection ! En visiter une, (trop refaite), puis une autre (fermée), avant de tomber sous le charme d'une troisième, très chouette, à Uchizy. La tour carrée, avec ses baies géminées, ses élégantes colonnettes et ses bandes lombardes est déjà un cadeau d'adieu plus qu'honorable. Mais l'intérieur n'est pas en reste. Admirer les peintures du XIXe, les enduits à la chaux d'une restauration récente, le petit mobilier. Tout est fait avec amour ici. Discuter avec le petit monsieur qui ouvre l'église. Apprendre que dans certaines paroisses, on sonne le jour de la sépulture, autant de coups que le défunt a vécu d'années. Finir la journée en grignotant des noix et des abricots secs en bord de Saône. Le laisser aller seul faire provision de quelques bouteilles chez un vigneron dont nous avons déjà goûté un Viré-Clessé ces jours-ci... Paraît qu'il reste de la place dans le coffre !!