la môme poison

du passé simple au présent comme il vient, en France ou à Hong-Kong

13 avril 2009

Canton#4

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Commencer par se casser le nez devant l'institut de la Révolution paysanne, derrière ses hauts murs rouges cet ancien temple avait pourtant tout l'air d'une bulle de calme et de beauté. Et puisque la Révolution maoïste nous boude, partir à la recherche de ce qui subsiste de l'architecture traditionnelle de Canton. Longer des palissades derrière lesquelles il n'y a déjà plus rien à voir. Lorgner au delà des parkings les antiques façades. S'extasier des arrachements et des chaulages, vestiges d'anciens intérieurs. Photographier les balustres ouvragées. S'arrêter quand même à "MangeCoca", parce que l'heure tourne vite quand on remonte le temps dans les ruelles. Un petit tour de parc pour digérer, un détour par cette grande librairie, parce ce qu'on ne se refait pas ! Harry Potter pour 66 Yuans, Daphné du Maurier pour 28 yuans, Les Géorgiques de Claude Simon, et même "Moi, le loup et les chocos" de Delphine Perret parmi les albums de coloriage et le manuel de papiers découpés. Pas plus de rayon de BD adultes ici que dans les bibliothèques de Hong-Kong. Et la pluie, celle qui mouille pour de bon, pour faire nos adieux à Canton. Rentrer à Hong-Kong avec suffisamment d'exotisme en tête pour commencer à comprendre pourquoi les Hongkongais ne se considérent pas comme chinois.

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12 avril 2009

Canton#3

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Ouvrir les rideaux et constater que les torrents annoncés ont retardé leurs assauts. Prévoir une matinée culturelle et à l'occasion d'une sieste opportune d'Adèle apprécier à leur juste valeur les découvertes archéologiques faites dans la tombe du roi des Yue du Sud. Se joindre aux Cantonais dans le parc juste à côté, adopter ce rythme nonchalant d'un dimanche en famille, comme partout ailleurs, faire les badauds au bord du lac, regarder les délirantes embarcations à pédales. Ecouter là des chants traditionnels, là cette chorale de femmes, plutôt agées, derrière lesquelles les hommes se sont groupés. Ils fredonnent, à distance, l'air de ne pas y toucher comme ces jeunes dans leur barque qui s'aprochent et chantent eux aussi, avec une concentration proche du recueillement. Une femme est debout, elle esquisse des pas de danse, ils semblent inachevés mais son visage rayonne. Puis laisser sonner l'heure des filles, parmi ces attractions colorées et désuètes -mais voilà bien un jugement d'adulte-, tenter de convaincre Adèle qu'il est temps de rentrer : " saute 'core un peu !", bientôt : "'core plait papa !", allez : "saute 'core !"... Partager le goûter sur le trottoir avec cette adorable choupette de deux ans, à côté de sa maman et de son papa, qui sur une natte minuscule vend semelles, cirage, et de l'essence pour les briquets. Chercher un taxi. Laisser Louison rêver "Je me suis pris en photo, j'ai tiré la langue !" "Ah oui, et ce n'était pas flou ?" "Oh nooooon !". Retourner enfin à ce divin restaurant chinois déjà apprécié hier, se régaler encore. Et regretter qu'il faille rentrer demain...

Le restaurant c'est le China Fragrance, 4/F, New World Center, en face du Friendship Store...

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11 avril 2009

Canton#2

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Prendre un taxi, confirmer notre impression d'hier sur la grande étendue de la ville, rester bloqués dans la circulation, savourer la quiétude du temple des Chen, trois cours, décoration somptueuse, collections d'art populaire, la ville est à mille lieux, les oiseaux le savent bien qui sifflent sans retenue. Reprendre les grandes artères, les ruelles ombragées, jusqu'à un temple, juste le chant des prières, puis jusqu'à une pagode Et partout des vélos, qu'on bénit parce que leur nombre fait se multiplier les rampes d'accès, si utiles pour la poussette, et pour ce spectacle qu'ils nous offrent à l'arrière de leurs carrioles pleines de tout ce qui peut se vendre ou s'échanger, pleines de rien où on s'endort pour une sieste, pour une partie de cartes, où on s'accoupit pour papoter. Les porte-bagages s'habillent d'une planche, deviennent échoppe, mangues, durian, patates douces ou châtaignes grillées, ballots gigantesques, ferraille récupérée. Quelques cartons aussi sur la poussière des trottoirs, étals de fortune pour quelques gants de caoutchouc, une paire de chaussures pour homme. Un vendeur de pièges et de souricières, qui choque sa crécelle de bambou, crie le service rendu. Des moines qui vendent des images pieuses, des éclopés aux abords des temples. La rue, fascinant royaume des petits gains.  

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10 avril 2009

Canton#1

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Du changement, de la surprise, on en espérait, bien sûr. On n'imaginait pas qu'on en aurait à ce point notre compte à peine passée la frontière de la Région Spéciale Autonome de Hong-Kong. Très vite, la plaine, les routes de terre battue, la disparition des trottoirs, la profusion de décharges à ciel ouvert, les usines imposantes, les façades de faïence des logements ouvriers, le ciment décomplexé, les maisons à un niveau, briques rouges, tuiles-canal, chaulage ocre, chaulage blanc, terre rouge, couleurs écaillées, jardins maraïchers tirés au cordeau, le linge partout aux fenêtres... et les vélos !!! Et cette première coquille après la douane sur les panneaux : "Texi"... et puis plus rien en alphabet latin.

Alors aujourdhui on a profité de l'île Shamian, ancienne concession franco-anglaise lovée contre la rive nord de la Rivière des Perles, on a levé le nez sur les bossages, les colonnes, les ordres doriques, ioniques, etc... on a fait le plein de déjà-vu et de calme pour mieux savourer ensuite le marché de Quingping, ses aliments séchés, ses quantités astronomiques- ah oui, vraiment dingue !- de ginseng en racines, en tronçons, en copeaux, en lamelles, en poudre peut-être, sûrement ! On s'est rempli les narines, on a profité de l'ombre des ficus le long des rues du vieux Canton, des papeteries en enfilade, des magasins de jouets, de peluches monumentales, des marchands de scorpions, de serpents, de tortues. Dans la foule, et le bruit, et la pollution manifeste, dans un tout petit coin de cette ville gigantesque...

(La dernière photo a été prise par Louison qui a, quant à elle, eu son compte de mariées ; une bonne quinzaine aperçues sur Shamian, décidément très wedding-chic !)    

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