la môme poison

du passé simple au présent comme il vient, en France ou à Hong-Kong

03 mai 2009

Singapour#4

Singapour3

Hésiter une dernière fois à se balader dans la mangrove. L'ajouter finalement à la liste des "prochaines fois". Mettre le cap sur Arab Street. Retrouver en chemin les teintes du Musée du Quai Branly, à des miles de là. Fouiner dans un candies shop sur le marché de Bugis. Contourner la mosquée et entrer dans le musée de l'héritage malais, un jour de festival, un jour de danses traditionnelles. Rester longtemps à admirer les costumes chamarrés et soyeux, les ornements dorés et lourds, à regarder ces jeunes perpétuer les gestes symboliques. N'y rien comprendre, en fait, et se dire que c'est bien aussi, parfois, le regard neuf de l'ignorant. Céder aux assauts de la chaleur. Se retrancher dans ce restaurant de poche, au décor délicieusement rétro. Bénir le  rafraîchissant chendol, dessert de glace pilée arrosée de sucre de palme, lait de coco, pâte de haricots rouges et de choses vertes et bizarres mais tout à fait mangeables à base de feuille de pandan. Se couvrir les épaules pour visiter la mosquée, et devant la fatigue des filles, abandonner l'idée de faire un tour du côté du cimetière musulman. Finir la journée dans un parc, sans avoir trouvé le Graal d'une seule aire de jeux pendant notre séjour. Apprécier une dernière fois les illuminations nocturnes des bâtiments. Et engranger cette facette de l'Asie, nouvelle et différente, véritablement façonnée par sa période coloniale.

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01 mai 2009

Singapour#3

Singapour2

Projeter de visiter le Musée des jouets, se laisser détourner par la quiétude des cours du Raffles Hotel, ses cocotiers, et par son architecture coloniale somptueuse. Hydrater les filles déjà accablées de chaleur. Il est 10 heures seulement. Plonger enfin dans les rêves d'enfances plus vieilles que les nôtres, plus vieilles que les leurs, Olive et Popeye, Félix le chat, Astro Boy, petites merveilles mécaniques, métalliques, des lieux de fabrication européens encore, ou japonais, mais une diffusion partout dans le monde. Manger sans plaisir dans ce fast-food à la vingtaine de comptoirs : indien, thai, chinois, vietnamien... Cloisonnement encore ? ou bien vraiment pour tous les goûts ? Le laisser faire l'ascension du Mont Faber en télécabine, et dormir un peu. Repartir d'un bon pied vers le Civic district, où les anciens bâtiments coloniaux, civils ou religieux, restaurés vivent une seconde vie, qui musées, qui administrations, qui bars et restaus branchés. Traverser cette immense pelouse du Padang, ce vert qui fait tellement défaut à Hong-Kong. Jeter un oeil aux joueurs de foot, apprécier la mixité que le sport autorise. Flâner sur l'Esplanade sous les écailles du "Durian", c'est le surnom donné à cette salle de spectacle dont la coupole ressemble au fruit. Observer et se laisser observer. Un petit vent commence à souffler, enfin, mais l'air est encore chaud. Laisser s'allumer lentement les lumières de la Marina. Laisser la nuit donner un autre air aux buildings du Singapour moderne. Parfaire notre approche de la cuisine coréenne quelque part sur les quais. Se demander encore ce qui fait l'âme de cette ville... 

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30 avril 2009

Singapour#2

Singapour1

Aller chercher le calme et le frais du côté du Jardin botanique. Poursuivre les papillons, et les libellules fuschia. En apprendre un peu plus sur les 1300 variétés de gingembre. S'émerveiller de la beauté gracile des orchidées. Regretter celle, trop éphémère, des fleurs du frangipanier. Improviser un herbier dans le carnet d'adresses. Ne pas savourer le laksa, plat national. Imposer la sieste à toute la famille. Arpenter Chinatown. Se demander s'il y a vraiment de la place pour la mixité, pour le mélange, quand déjà les communautés, dans l'espace urbain, sont ainsi séparées. Et se demander encore s'il y en a beaucoup pour la liberté personnelle, quand partout se multiplient les incitations, les interdictions, les menaces de sanctions. Et chantonner Dutronc dans un coin de son crâne. Se régaler d'un curry et d'un satay, dehors, dans des assiettes orange-plus-vintage-tu-meurs, alors que le jour s'enfuit. S'étonner qu'Adèle ne reconnaisse pas la lune. Apprécier encore quelques courbes Art Déco... et au dodo !

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29 avril 2009

Singapour#1

Singapour

Savourer l'excitation des filles. Et reprendre l'avion, quel bonheur ! Comprendre très vite qu'ici, à Singapour, on prend la vie côté couleurs. Les façades arborent un arc-en-ciel des plus francs, des plus frais, tout semble propre et flamboyant. Le moindre panneau est métissé, aussi. Pas moins de quatre langues nationales : anglais, malais, mandarin et... tamoul ! Arpenter Little India, donc. Retrouver des saveurs, des odeurs, des bruits familiers. S'emplir les yeux de tous ces saris, dhotis, saludars, encens, gobelets de fer blanc, guirlandes d'oeillets d'Inde ou de jasmin, bracelets étincelants. Saluer Ganesh. Se faufiler sur les trotoirs encombrés de plantes en pots. Acheter des pottoe en pagaille. Orner le front des filles. Se déchausser à l'entrée des temples, ne pas oser entrer, c'est l'heure de la puja. Et se demander par moments si on ne s'est pas trompé d'avion. Se dire que quoiqu'il en soit, on s'est rapproché de l'équateur... Il fait chaud !! Tellement qu'on n'a plus assez faim pour un kulfi, c'est dire !

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