* Le tigre blanc, Aravind Adiga, 10/18

Alors que le premier ministre chinois s'apprête à visiter Bangalore pour comprendre l'histoire de la réussite de cette ville, Balram Halwai, surnommé le Tigre blanc, décide de lui raconter sa propre expérience d'entrepreneur, loin de la langue de bois et des ronds-de-jambre des visites gouvernementales. En sept lettres, rédigées pendant ses nuits de travail, il dresse un portrait caustique de la réalité indienne, entre corruption et pressions familiales, prouvant qu'on peut échapper à son destin, et passer des "Ténèbres à la Lumière"... si on est prêt à en payer le prix. Une lecture pleine de qualités, qui tient en haleine et dont la noirceur est agréablement tempérée par une lucidité pleine d'humour.

*La vie d'une autre, Frédérique Deghelt, Livre de Poche

Marie, 37 ans, se réveille un matin comme on sort d'une gueule de bois, en ayant oublié 12 ans de sa vie. Alors que selon elle elle vent seulement de rencontrer le beau Pablo, il s'avère qu'elle a partagé toutes ces années avec lui, dont elle a trois enfants. Décontenancée par ce trou de mémoire radical, elle cherche à comprendre ce qui a poussé son inconscient à effacer expériences et souvenirs accumulés, et de quoi elle a voulu se protéger par cette amnésie incroyable. Pour être honnête, j'ai craint le pire en découvrant ce début rocambolesque. Et puis la finesse psychologique de l'auteur, le regard plein d'empathie et de tendresse qu'elle porte sur ses personnages ont fait fondre mes réticences. Il en reste une lecture agréable, et le sentiment renouvelé après la lecture de La grand-mère de Jade que Frédérique Deghelt doit être décidément quelqu'un de bien.

* Les déferlantes, Claudie Gallay, France Loisirs, rheuuu ! (Clin d'oeil pour Gaëlle)

La Hague. Ses landes. Ses tempêtes. C'est là que la narratrice est venue se réfugier d'un deuil récent, dont elle ne se remet pas. Un milieu âpre, aux hommes secrets, dont la routine est un jour perturbée par l'arrivée de Lambert. Qui est-il, que vient-il faire sur ces lieux qu'il semble connaître ? Un roman à l'écriture ciselée, qui donne corps avec beaucoup de force aux lieux, aux éléments mais dans lequel j'ai eu beaucoup de mal à rentrer, tant les personnages se livrent peu et... finissent par paraître vraiment peu avenants au lecteur. Cette rudesse trouve un peu de répit, à la fin, ne serait-ce que dans la "résolution" de la question obsédante de l'histoire de Lambert, mais ce repos est fragile...ce qui est un peu opressant, somme toute.

Et aussi, LE coup de coeur, Dans la main du diable, d'Anne-Marie Garat, j'attends les deux autres tomes pour en parler, mais c'était vraiment exaltant !! et un Junichiro Tanizaki sympa mais sans plus Le chat, son maître et ses deux maîtresses, jeux de manipulation entre adultes et de revers de médailles autour d'un chat... Je dois toujours lire Quatre soeurs, de cet auteur... peut-être sur la liste du Père Noël ??