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Partir quand même. Malgré la fièvre, malgré l'angine. Serrer les fesses au contrôle de température de l'aéroport. Et bénir le dieu Paracétamol. S'engouffrer dans un taxi. Partir sur les chapeaux de roues et les routes mouillées au son d'une valse à trois temps. Attendre longtemps avant de voir la ville. Plus longtemps encore avant de deviner la Chine. Apercevoir des résidences chics et ouvertement occidentales-isées entre deux murs anti-bruits. Passer sous les volutes folles d'un échangeur à l'américaine. Découvrir les premiers faisceaux des boîtes de nuit dans le ciel, et le halo jaunâtre de la civilisation. Se faire bluffer par l'architecture futuriste découverte à hauteur de périphérique surélevé. Un futurisme ascendance gréco-romaine ! Inventorier aussi sec les arcs en plein cintre, les frontons triangulaires, les colonnes ioniques, les pyramides qui coiffent les tours. Architecture cupcake. Et redescendre finalement à hauteur des vraies rues, des vrais gens. Retrouver au détour d'une artère sans éclairage les vélos, les parasols, une table, quelques vieux sur des chaises, la fumée des brochettes. S'étonner de ce que ces images-là nous semblent familières à présent, comme le serait un facteur en bleu et jaune, ou une baguette sortie du four. Se cogner la tête dans le tourniquet de l'hôtel. Trop de luxe sûrement ! S'endormir en rêvant à demain...